En Occident, l’étude des rêves fut brutalement interrompue au 12e siècle par l’Inquisition : l’église catholique condamna la
par les songes, l’assimilant à la sorcellerie et au Malin, pourchassant ceux qui la pratiquaient, cette discipline connut une interruption qui allait durer 800 ans…
Le besoin de l’interprétation des rêves ne date pas d'hier. Afin de
répondre à ses mystères, dès l’Antiquité les Grecs, s’en remirent aux
dieux : Hypnos dieu du Sommeil, frère jumeau de Thanatos, dieu de la
Mort, déclenchait l’endormissement des mortels en les touchant avec une
branche de pavot ou en les éventant de ses ailes. Il était en général
représenté sous les traits d’un enfant aux yeux cachés par ses ailes,
vivant dans une caverne traversée par le fleuve de l’Oubli.
Ces croyances donnèrent naissance à « l’oniromancie », (l’étude des
rêves), très prisé jusqu’au Moyen-âge en Occident. L’église catholique
mit un coup d’arrêt au 12e siècle par l’Inquisition, assimilant cette
discipline à la sorcellerie et au Malin. Interruption qui allait durer
800 ans…, l’étude des rêves fut interrompue brutalement condamnant la
divination par les songes, pourchassant ceux qui la pratiquaient.
L’étude du sommeil se cantonnera alors à l’interprétation "sous le
manteau" des rêves, jusqu’au début du vingtième siècle…
Égyptiens, Grecs, Latins, et tant d'autres civilisations de part le
monde, pressentant que les rêves de l'homme jouaient un rôle de
médiateurs et qu'ils étaient porteurs d'une valeur essentielle,
s'efforçaient d'en déchiffrer les mystères. Certaines populations en
érigeant l’oniromancie en mode de civilisation en ont carrément fait la
structure même du mode de vie de leur population.
Une de ces civilisations appelée peuple du « Rêve était :
« La tribu des Sennoïs » :
Les
Senoïs pensaient que la vie rêvée était plus intéressante que la vie vécue. Et ils étaient heureux…
Au fond d’une forêt de Malaisie vivait une tribu primitive,
...la tribu des Sennoïs, disparue dans les années 70, lors du défrichage de leur forêt. Leur vie était organisé autour des rêves.
Le matin, autour du feu tout le monde ne parle que des rêves qu’il vient de
" vivre " . Des rêves racontés dépendaient toute la vie sociale de la tribu. Si un Sennoï rêvait qu’il nuisait à quelqu’un, il devait offrir un cadeau à la personne lésée. S’il rêvait qu’il s’était fait frapper par quelqu’un de l’assistance, l’agresseur devait s’excuser et offrir un cadeau à la victime supposée. Les Senoïs pensaient que la vie rêvée était plus intéressante que la vie vécue. Et ils étaient heureux. Chez les Senoïs, dans le monde onirique, on vivait et on apprenait encore plus que dans la vie « palpable ». Un enfant raconte qu’il a vu un tigre et qu’il a fui. On l’oblige à re-rêver du tigre la nuit suivante, à se battre avec lui et à le tuer. Les anciens expliquait à l’enfant comment il devait se battre dans le rêve. S’il échouait, il risquait de se faire réprimander par toute la tribu.
D’une façon générale, dans le système de valeurs Sennoï, si on rêvait de relations sexuelles, il fallait se forcer à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’orgasme et à l’offrande de remerciement de l’amant ou de l’amante (preuve que l’autre aussi avait eu du plaisir). Si on rêvaient d’adversaires hostiles, il ne fallait pas fuir, il fallait se battre, vaincre et réclamer un cadeau à l’autre pour enfin s’en faire un ami. Le rêve le plus convoité est le rêve du vol. Celui qui rêvait qu’il vole recevait les félicitations de l’ensemble de la communauté. Lorsque l’enfant annonçait son premier vol, c’était comme un baptême. On lui faisait des cadeaux, puis on lui expliquait comment guider son vol pour se rendre en rêve dans des pays inconnus et en rapporter des offrandes exotiques.
Les Senoïs séduisent d’autant plus les ethnologues occidentaux qu’ils vivaient dans une société idéale : sans violence, sans maladie mentale et… où le travail se résumait au strict nécessaire pour la survie.
Cependant nous pouvons tous appliquer leur savoir.
Extrait de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu par Bernard Werber.
La science moderne n'a pas rompu avec la grande tradition des études oniriques. Ses découvertes ont révélé que les Anciens avaient eu une juste intuition de l'importance du rêve dans la vie de l'homme.
«Deux sortes de problèmes relatifs aux rêves ont depuis toujours sollicité l'attention des hommes. Ceux-ci se sont demandé d'une part ce que les rêves pouvaient bien signifier, d'autre part, quels étaient leurs rapports avec le monde de la veille ou, si l'on veut, quel degré de réalité il convenait de leur attribuer.»